samedi 27 juin 2020

Rando Cyclo de Carhaix à Rosporden




Passer des vacances dans l'Hexagone peut réserver mille et une aventures passionnantes ! Par exemple, en traversant la Bretagne du nord au sud en vélo en partant de Roscoff pour rejoindre Concarneau...
Aujourd'hui, je vais vous parler d'une partie, seulement, de ce trajet qui constitue déjà une magnifique randonnée à l'abri du stress et de la pollution. 
Au départ, Carhaix dont vous observez la gare, ci-dessus, avec deux autorails X 73500 assurant les relations sur Guingamp et Paimpol par Transdev' pour le compte de TER Bretagne. 
Carhaix peut vous recevoir dans son agréable camping, établi dans une zone boisée en périphérie. C'est notre point de départ vers le sud en empruntant l'ancienne voie métrique Carhaix/ Rosporden transformée en voie verte accessible aux vélos ou à la marche à pied... L'essentiel de l'itinéraire est ombragé et agréable lors des chaleurs estivales (je l'ai parcouru lors de journées caniculaires). On n'y est pas gêné par la foule et le cyclotourisme est un tourisme "sympa" ! 
Vous noterez que certains randonneurs font comme vous, en s'arrêtant pour photographier d'innombrables témoignages ferroviaires. Et vous ne vous étonnerez pas d'apprendre qu'ils sont généralement Anglais ! 








La première gare rencontrée est Port-de-Carhaix, aujourd'hui intégrée dans l'emprise d'une entreprise. On va donc directement à la gare de Motreff, maintes fois photographiée par les Dahlström, Rannou, Poggi, Lepage, Broncard... à l'époque du MV tracté par une 230 T. Comme de nombreuses gares du RB, Motreff a été vendue, mais l'aspect général des installations reste préservé.



Le BV à halle accolée est là, bien sûr. Mais il reste aussi le hangar concédé autrefois, sur le quai haut, à une entreprise cliente du rail. 




Par contre, la nature s'attaque sérieusement aux vestiges des anciens WC. 



La gare de Gourin a été moins chanceuse : longtemps préservée, elle a été finalement rasée pour laisser place à un magasin supermarché et son parking. 
L'ancien bâtiment de garde du PN abrite aujourd'hui l'Office de tourisme. Attention : n'écoutez pas certains informations vous indiquant une ancienne remise à locomotives du Réseau Breton toujours en place ... Car cette remise est, en fait, l'ultime témoin de l'ancienne gare du réseau départemental CM (Chemins de fer du Morbihan) qui n'a donc aucun rapport avec le RB sinon leur écartement métrique commun. Mais à Gourin, CM et RB pratiquaient l'exploitation séparée sans possibilité d'échange. 


Voyez ci-dessus: trouver en 2020 un tel panneau routier d'annonce de PN non gardé en bleu nuit sur fond jaune - couleurs du code de la route des années 1940/50 - n'est évidemment pas banal ! On arrive ici à "Kerbiquet (halte)" dont le bâtiment est préservé quasiment à l'identique. Si Kerbiquet ne possède pas de halle accolée, il faut savoir que cette halte était néanmoins ouverte au trafic des marchandises au moins jusqu'en janvier 1964. On y voit d'ailleurs encore les traces d'une vaste cour de débord.


Les kilomètres qui suivent nous mènent à la grande étape du parcours : la gare de Guiscriff, lieu de mémoire du Réseau Breton mis en place par l'association Ar Marh Du (= cheval noir en langue bretonne, surnom des locomotives à vapeur). 


A Guiscriff, la présence d'un petit tronçon de voie métrique et d'une draisine du RB met dans l'ambiance. Le BV abrite un musée qui a rouvert mardi 16 juin. La dynamique équipe du site est prête à vous accueillir du mardi au dimanche de 13h30 à 18h30 dans le musée et la cafétéria. Pour les plus jeunes, il y a une salle d'escape game qui a obtenu l'autorisation de rouvrir égalementAu niveau du camping, l'équipe du site est en mesure d'accepter une famille ou un groupe d'amis lorsque la yourte n'a pas été louée le même soir (contacter par téléphone: au 02 97 34 15 80 ou au 06 62 67 69 99







Après Guiscriff, voici Scaër où seul, l'abri de quai reste l'unique témoignage de l'ancienne gare. 



Nous parcourons maintenant la section la plus au sud de l'ancienne voie métrique. 
Au fil du trajet, on rencontre d'anciennes cabanes de cantonniers utilisées autrefois pour la pause casse-croûte et pour y entreposer les outils. En cherchant bien, il est souvent possible de retrouver les traces des deux tronçons de rails perpendiculaires à la voie employés pour dérailler la draisine afin de dégager la voie. Située à Leign Bigot, cette cabane a été restaurée. 



 Un peu plus loin, nous arrivons à Coat Loc'h, une halte dont il ne reste rien qu'une pancarte et un grand panneau explicatif. Autrefois, Coat Loc'h possédait un BV similaire à celui de Kerbiquet, donc sans halle. Mais comme Kerbiquet, Coat Loc'h (halte) était un établissement ouvert au trafic des marchandises avec un fort trafic durant certaines périodes de l'année : l'établissement étant implanté en lisière d'une forêt, c'est là que les bûcherons venaient expédier les troncs d'arbres débités qui étaient chargés dans des wagons plats - certains issus de châssis d'anciennes voitures à bogies ! 



Arrivant dans les faubourgs de Rosporden, on passe la halte de Locjean devenue aujourd'hui maison d'habitation. Cette halte n'était pas ouverte au trafic des marchandises. 


Encore quelques coups de pédales et c'est l'arrivée à Rosporden, gare de l'artère Paris/ Quimper. A Rosporden, vous trouverez un camping et même plusieurs à proximité. 


La promenade est terminée mais d'autres viendront cet été ! 

Texte et photos : Jehan-Hubert LAVIE

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