10 avr. 2026

Sous le soleil du nord, le Chemin de Fer Touristique de Jädraås


 On se serait cru au dépôt de Bastia... Mais non, j'ai mis le cap sur le grand nord ! Et c'est sous un soleil de plomb et 30° au thermomètre que j'ai visité, en juillet 2025, le Chemin de Fer touristique de Jädraås. Et pourtant, nous sommes à 200 km au nord de Stockholm, dans la région de Gästrickland, réputée pour son histoire minière et sidérurgique au XIXe siècle. C'est aussi une région fortement boisée, donc susceptible de générer un important courant de trafic de bois au chemin de fer. 




Mines et hauts fourneaux ont induit, en 1881, la construction d'un chemin de fer secondaire à voie de 891 mm, l'écartement standard des secondaires suédois : le Dala-Ockelbo-Norrsundet Jarnvag (DONJ). 






 Jädraås est le point nodal du réseau qui reçoit la direction du réseau, un grand dépôt avec rotonde pour les locomotives et un atelier pour les voitures et wagons.




Mais, en Suède comme ailleurs, les chemins de fer secondaires à voie étroite déclinent à partir des années 1960. Et le 2 octobre 1970, le dernier train commercial du DONJ s'arrête définitivement. 




Fort heureusement, 6,5 km du réseau sont sauvés au départ de  Jädraås par l'association du Musée créée par S. Holgerssön.



Les Suédois semblent beaucoup appréciés les trains anciens et surtout la vapeur ! Venant de Malmö, j'avais constaté, lors de rencontres aux étapes, que le musée de  Jädraås semble être l'attraction la plus célèbre dans la région ! 




En juillet 2025, trois trains - tous "vapeur" - circulent en horaires cadencés. Trois gares permettent les croisements en utilisant des signaux mécaniques, les "cheminots" du réseau sont en uniformes et les installations du réseau sont impeccables.








Le mois dernier, nous avions vu la grande Mallet n°12. Elle a une sœur au sein du réseau touristique portant le n°8.


















Les Mallet prennent en charge des longues rames de voitures voyageurs en bois (classiques en Suède), majoritairement à bogies. 














A côté des grandes Mallet, il y a cette petite 031 T Korsian. Construite sous la forme d'une 030 T, engagée en ligne, sa mauvaise tenue de voie a induit le montage d'un bissel arrière. Aujourd'hui, elle remorque des voitures à bogies au gabarit bien plus important que le sien !



 La locomotive n°9 est une 030 T que l'on croirait tout droit sortie d'un réseau miniature de jardin. Il faut dire que la longue rame (6 véhicules) qu'elle remorque participe aux charmes très old-timer de ce train, avec ses voitures à essieux à plateformes ouvertes ! 








Autre petite machine qui recueille un franc succès, cette sorte de draisine d'inspection à vapeur qui  parvient à trouver des sillons de circulation entre les trois trains réguliers. 






































Le Musée de  Jädraås possède une belle collection de draisines. Notez que l'automobile rouge sur rails n'est ni une Volvo, ni une Saab, mais une Austin.

Texte et photos : Jehan-Hubert Lavie 







26 mars 2026

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 En avril 2009, passage à Brelidy-Plouec de l’X 2135 de TER Bretagne en provenance de Paimpol, portant une livrée prototype éphémère avec des portes vert pommePhoto : Jehan-Hubert Lavie

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13 mars 2026

Une belle suèdoise centenaire : la Mallet n°12 de Jädraås


 

Impressionnante cette locomotive Mallet n°12 ! En Suède, le gabarit est très généreux pour la voie de 891 mm, qui est l'écartement courant pour les réseaux secondaires. Nous vous raconterons, le mois prochain, l'histoire du Dala-Ockelbo-Norrsundet Jarnvag (DONJ) dont une petite partie du réseau est devenu aujourd'hui le Chemin de Fer Touristique de  Jädraås.


La Mallet n°12 est une 030+030. Non, nous n'avons pas oublié le "T" à la fin car, contrairement aux Mallet des réseaux touristiques français, cette n°12 est une locomotive à tender séparé. 








Toutefois, nous sommes à 200 km au nord de Stockholm et le climat nordique avait contraint le constructeur à prévoir des tôles sur le tender accouplé au plus près de la machines pour offrir une protection contre le froid à l'équipe de conduite. Si bien que ce tender à trois essieux donne l'impression de faire corps avec la machine qui semble être une 030+033 T !














Pouvant remorquer des trains de 250 tonnes, la Mallet n° 12 a été construit en 1910 par Atlas à Stockhom sous le numéro de construction 114. Elle est livrée au réseau DONJ avec deux autres Mallet qui portent les numéros 1 et 8. 



Jusqu'en 1959, la plupart des trains du DONJ sont confiés à ces trois Mallet. 
Aujourd'hui, la n°12 fait le bonheur des visiteurs du Chemin de Fer Touristique de  Jädraås dont nous reparlerons le mois prochain. 

Texte et photos : Jehan-Hubert Lavie


11 mars 2026

Au sujet du dépôt de Bordeaux Saint-Jean

Au 1er plan, le gril du dépôt vapeur. A l'arrière plan, les Ateliers du Matériel, spécialisés dans l'entretien des wagons, puis des autorails et turbotrains. (coll. A. Prévot)

((photo A. Prévot)

Christophe Mercier, de l'Infrapole Aquitaine de SNCF Réseau, nous propose de corriger ou compléter quelques points concernant les légendes des photos parues dans l’article de Ferrovissime n°140 sur le dépôt de Bordeaux. 

 

Page 80 : Il n’y a eu et il n’y a encore qu’une seule rotonde à Bordeaux. En revanche à l’époque, il y avait deux ponts tournants.

Page 81 (voir photo en tête de ce post de blog) : Il ne s’agit pas d’une vue générale de l’établissement mais plutôt d’une vue très partielle de l’entrée du dépôt coté NORD. En revanche, on aperçoit très bien en arrière-plan derrière les voies principales se dirigeant vers Bayonne, les ateliers de SNCF de Bordeaux qui avant leur fermeture était un des ateliers directeurs des autorails et turbotrains.

Page 82 : La 230E se trouve devant l’estacade de chargement du dépôt.

Page 83 : Il s’agit d’une vue des ateliers de Bordeaux et non du dépôt. La vue est située tout près de l’entrée, coté rue Amedée St Germain, près de la loge du gardien. A gauche de la rame en cours de manœuvre (chargée d’essieux), « les roues » partie de l’atelier ou mon premier « contremaitre » avait débuté sa carrière avant de terminer « chef » du Central Sous station de Bordeaux. Tout ceci à aujourd’hui disparu…

Page 84 : photo du bas : La 231G se trouve bien au dépôt de Bordeaux approximativement à l’emplacement de la sablerie actuelle, sur la voie de chargement de l’estacade en charbon. On aperçoit les feux de signalisation – pas très unifiés - de la sortie du grill. 

Le texte de l’article résume très bien l’activité de cet établissement à l’époque de l’ancienne rotonde, tout au plus, on pourrait ajouter que très tôt, c’est-à-dire dès l’ouverture de la « passerelle », les engins moteurs de l’ETAT et ceux du PO viendront quotidiennement relayer au dépôt de Bordeaux St Jean, les futures 140C Ouest de St Mariens, et les S3/6 de Saintes (231 A Ouest) , par exemple seront des visiteuses habituelles.

Pour finir, cet article vient à point nommé, car si l’établissement qui a été longtemps son « concurrent », c’est-à-dire Toulouse a fermé il y a quelques années, le « technicentre » de Bordeaux entame de son côté une mutation forcée avec le transfert programmé de ces terrains, bâtiments et matériels au conseil régional, pour concentrer ses activités uniquement sur les TER, la partie rotonde étant certainement condamnée à plus ou moins court terme.


 

(photo A. Prévot)


La 4-231 G 805 à Bordeaux en fin de carrière (coll. A. Prévot)


26 févr. 2026

Téléchargez votre fond d'écran Ferrovissime pour mars 2026 !


 Elément automoteur diesel des chemins de fer portugais 219 M en gare de Pinhao en avril 2018Photo : Jehan-Hubert Lavie

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13 févr. 2026

Au sommaire de Ferrovissime n°140 - mars/avril 2026


 DISPONIBLE LE 21 FEVRIER


Histoire au présent

4 _ Un nouveau site de maintenance et de remisage pour les Chemins de fer de Provence

5 _ A Lyon, les trains spéciaux de la Fête des Lumières 2025

6 _ Première saison pour le Travelski Night express

7 _ 20000 voyageurs dans les trains du Père Noël

8 _ L’autorails Bugatti domine Rétromobile

9 _ Automotrices : les Z 60000 arrivent, les Z 5600 s’en vont

10_ Petite fête diesel en Baie de Somme avec la grande fête de la vapeur !


11 -MÉDIATHÈQUE Livres, revues, DVD


Montez à bord

Stars du rail

12_ 2-231 E 22: le crépuscule d’une diva au dépôt de Calais

18_ L’arbre généalogique des Pacific Chapelon du P.O


22_ TRÉSORS DARCHIVES
Des EP au fil de la ligne Limoges/Angoulême


DES TRAINS SOUS LA LOUPE

32_Les V2N, de la grande couronne parisienne vers la région lilloise





LES PORTRAITS DU RAIL

34 - Les BB 15000 : à la recherche d’une nouvelle génération de locomotives.   1971 - 1995



Le monde des cheminots

63 _ MATÉRIEL ROULANT DHIER
Les voitures-restaurants DEV rouges

70 _BB 400, quatre diesel tentent de moderniser la voie métrique

80_GARES ET INSTALLATIONS
Le dépôt vapeur de Bordeaux Saint-Jean

90_COMMENT ÇA MARCHE
Comment sont posés les rails sur un EP ?

Le déwagonneur au service des carrières de Vignats

92_ CŒUR DE MÉTIER
EQIOM continue de faire vivre le fret aux Batignolles !



















10 févr. 2026

Desserte locale moderne à voie de 0,76 m


 


Souvenez-vous : le 17 janvier 2025, en vous présentant le "Spécial vapeur au départ de Murau", je vous avais promis de revenir bientôt sur ce chemin de fer secondaire autrichien à voie de 0,76 m pour étudier les dessertes locales en matériel moderne qu'il propose. 





Nous allons donc laisser le "spécial vapeur" et sa petite 031 T, bien connue dans les catalogues LGB et Liliput.






Nous sommes à Unzmarkt, gare commune de correspondance entre la voie étroite et les grands trains à voie normale. 







Le tableau horaire du Murtalbahn offre huit circulations dans chaque sens jusqu'à Murau, gare centrale du réseau desservant cette jolie ville située dans une région montagneuse. On note qu'entre 9h00 et 17h00, la desserte est cadencée toutes les deux heures. Toutes les circulations sont assurées par des autorails modernes que nous verrons par la suite. 








La gare d'Unzmarkt dispose d'un chantier de transbordement avec portique pour le passage du fret de la voie normale à la voie étroite et inversement. On note la présence de wagons modernes à ballast. 

















En arrivant dans la gare centrale de Murau, on note la présence de longs wagons citernes modernes à voie de 0,76 m.



Les trains de fret sont remorqués par des locomoteurs BB diesel. Les VL 12 et VL 13 ont été construits en 1967 par ÖMAG/BBC. Equipés d'une transmission électrique, leur puissance est de 390 kW et ils peuvent rouler à 50 km/h. Longs de 10,80 m, leur masse est de 31 t.



Même vitesse maximale de 50 km/h et masse quasi similaire (32 t) pour la VL 22. Considérant sa puissance de 485 kW, elle entre dans la catégorie des locomotives diesel. Construite en 1972  dans l'ex-Yougoslavie par Djuro Djakovic, son diesel MTU 6V 396 Tc12 entraine une transmission hydraulique. Sa longueur est de 12,850 m.




Comme nous l'avons vu précédemment, le Murtalbahn assure ses dessertes voyageurs avec des autorails dont il a été un précurseur, dès 1980 en voie de 0,76 m. C'est en partant des plans de ces autorails que les öBB ont conçu ses VT 5090 que nous avons vu sur le Blog Ferrovissime le 13 juin en gare de Gmünd, en service touristique sur le Waldviertelbahn.





Cinq autorails sont basés au dépôt de Murau, immatriculés VT 31 à 35. Leur diesel de 250 kW entraine tous les essieux des deux bogies par l'intermédiaire d'une transmission électrique. Pesant 28 t, leur vitesse est limitée à 70 km/h. 

Leur capacité est de 56 places assises, mais on peut y ajouter 36 places debout - une supériorité sur l'autocar dans lequel place assise et ceinture de sécurité sont de mises. Les VT 31 à 35 sont munis de portes portefeuilles, pratiques lors de nombreux arrêts jalonnant leur parcours car ils sont très fréquentés par la clientèle scolaire.






Aptes à l'UM, les VT 31 à 35 sont prévus pour tirer ou pousser des remorques réversibles de même silhouette. On voit ici, en gare de Murau, un train au départ dont la conductrice a pris place dans la remorque pilote VS 44 poussée par l'autorail VT 34.




Coup d'Oeil aux installations fixes. A Murau, il y a d'abord le siège du réseau.


En gare, le bâtiment voyageurs avec ses quais et son buffet, étonne par ses dimensions sur un réseau à voie de 0,76 m....




... tout comme le poste d'aiguillages avec ses leviers et ses transmissions par chaînes. 




On note l'excellent état de la voie sur traverses béton. Continuons maintenant sur Tamsweig. 





Les travaux de voie sont assurés à l'aide de matériels modernes comme cette pelleteuse rail-route. 












Enfin, nous arrivons à la petite gare de Tamsweig, actuel terminus des dessertes commerciales voyageurs. 


Texte et photos : Jehan-Hubert Lavie