dimanche 23 décembre 2018

QUE DEVIENT LE PERSONNEL DE CFTA GIRONDE A LA FERMETURE DU RESEAU?

c/DR/Coll. G. Germain

Dans Ferrovissime n°97 qui sort de presse, vous allez découvrir l'histoire de la gare et de l'atelier de Lacanau du réseau à voie normale CFTA Gironde.
L'auteur de l'étude, qui avait déjà étudié le dépôt de Saint-Symphorien dans Ferrovissime n°94, a enquêté sur le sort réservé au personnel du réseau lors de sa fermeture en 1978. Voici le résultat de son enquête ;


Le Conseil Général de Gironde, qui avait réussi avec audace la diésélisation/modernisation complète du réseau juste avant et après la guerre, n'est plus capable d'anticipation dans les années 1960-70. Il laisse dépérir les infrastructures, n'investit plus.En 1978, les choses ont été anticipées : les départs en retraite ou autres n'ont pas été remplacés depuis au moins 5 ans.L'effectif global a donc fondu. Mais il reste tout de même 133 salariés pour tout le réseau, en 1977.La convention collective applicable est celle des Voies ferrées d'intérêt local (VFIL) qui vient d'être approuvée / complétée en septembre 1974. La concertation avec les délégués du personnel semble avoir été concrète, mais rude, comme en témoigne le courrier adressé au Président du Conseil Général, le 25 juillet 1977 par André Duprat, Roger Hugueniot et Jean Bonnet, pour le Syndicat CGT- CFTA. Toutefois, il n'y a pas eu de grève ou manifestation du personnel, ni protestation significative des élus municipaux des communes concernées.Au final, on aboutit au reclassement de 14 personnes en interne à Cfta et de 13 à la SNCF, dont le chef de gare d’Hostens et Yvan Lescarrec, par exemple, qui terminera sa carrière à Bègles, à l’entretien des BB 63000, 67000 et tracteurs Y 7000 et 8000.Un nombre conséquent d'agents est repris pas le Département, au sein des équipes gérées par la Direction Départementale de l'Equipement, comme Pierre Lescarrec à Saint-Symphorien ou Jeannot Courbin, à Hostens. Plusieurs aussi sont embauchés par leurs communes de domiciles et quelques uns à la société gérant les bus bordelais. Mais il y a 70 licenciements.Les gérantes de gares et gardes barrières sont plus particulièrement laissées pour compte. Auxiliaires à temps partiel, jugées sans qualification transposable, elles ont toutes été licenciées !
Il en est de même pour les personnes à qui les propositions de reclassement ne conviennent pas. C'est le cas de Henriette Dubos qui n’est plus chef de gare de Lacanau. Depuis 1972, elle travaille à la gestion du personnel, à Bordeaux, rue de la Devise : elle quittera le navire en dernier, début 1979, après avoir elle même rédigé et expédié sa lettre de licenciement. André Henriot, Maire et Conseiller général de Saint-Symphorien se retrouve très isolé pour défendre le réseau et ses anciens collègues cheminots (il est retraité de la CFTA) et en éprouve de l’amertume. Il quitte ses fonctions électives l'année suivante.


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