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2 janv. 2019

LE MATERIEL SAUVEGARDÉ DES CFTA GIRONDE

Diesel General Electric - c/G. Germain

Draisine SE - c/G. Germain


Auteur de l’étude sur les CFTA Gironde publiée dans le n°97 de Ferrovissime actuellement en kiosque, Gilles Germain dresse, sur le blog, la liste du matériel roulant du réseau qui a été sauvegardé.

En Gironde, la fermeture du réseau est plus tardive que pour la plupart des CF d'intérêt local. La sensibilité à la conservation du patrimoine est plus forte que 30 ans auparavant.

Le matériel roulant sauvé du ferraillage est conséquent.

Liste non exhaustive :


- Les locomotives à vapeur ont totalement disparu, car en 1978, les dernières sont déjà réformées depuis 25 ans.

- Les BB General Electric : 4 sont préservées. La 4028 à Sabres, la 4032 au Coni'fer (CFTPV), la 4033 à Guîtres (TTGM) et la 4036 à Volgelsheim (CFTR). De plus, la 4030 finit de pourrir à Saint-Symphorien, derrière les ateliers des vandales ont même tenté de voler les tampons. Ils ont renoncé, au vu du poids des objets, après avoir déposé 3 des 4 boulons. Grotesque …

- Autorail de Dion M7 à Guîtres - très mauvais état

- Autorails de Dion M 104, à Guîtres , rénové et le M 105 en très mauvais état au TT Doller-Alsace

- 4 Draisines Billard : une de 1927 restaurée en 2008 par Ventoux Rail Nostalgie ; une de 1929 à moteur Ballot d'origine, mise à écartement métrique par les Amis du Petit Anjou ; une de 1925, très mauvais état, à Saint-Symphorien ; une de 1927, état (?) à Guîtres.

- wagons et divers, à Saint-Symphorien : 3 couverts K10367 - 1047 - 1701- + 1 plat + le fourgon n°812 + le désherbeur à 2 cuves + carcasse corps moteur Cummins et villebrequins...

- à Guîtres, également, plusieurs autres véhicules, initialement acquis par l'ABAC : une voiture ADf-4, des couverts, tombereaux, le fourgon Df 808 restauré, une des grues Dyle & Bacalan...

26 déc. 2018

QUE SONT DEVENUS LES SITES DE LACANAU ET SAINT-SYMPHORIEN

c/G. Germain

c/G. Germain



Que sont devenus les deux sites de CFTA Gironde étudiés, l’un dans le n°97 de Ferrovissime actuellement en kiosque, l’autre dans le n°94 ?
Gilles Germain, auteur des deux études, répond à cette question .


C’est le Département qui est propriétaire des sols et installations du réseau de la Gironde. Il les récupère donc lorsque les CFTA et le personnel du réseau sont congédiés en 1978.
Il est facile de retrouver aujourd'hui ce qu'il est advenu des emprises ferroviaires.
Le Conseil général qui ne voulait plus débourser un sou pour l'entretien du réseau va consacrer rapidement de très importants crédits à l'arrachage des voies et la constitution de voies cyclistes-piétons.
De plus, les deux communes se voient gratifiées d'une maison de retraite chacune.
Au delà de ces points communs, la situation est assez contrastée.

Saint-Symphorien
L'intérêt patrimonial de quelques bâtiments au titre de l'archéologie industrielle est déjà évident en 1978.
Le Maire André Henriot est aussi conseiller général du canton et cheminot syndicaliste retraité. Il a effectué toute sa carrière à la Société générale des chemins de fer Economiques (SE) puis CFTA. 
Il est logique en conséquence de voir conservés le bâtiment principal des ateliers, le château d'eau, une plaque tournante et la grande remise. L'inscription à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques intervient en 1990. Elle constitue une protection appréciable, à défaut de garantir la sauvegarde et la mise en valeur.
La toiture et les ouvertures du bâtiment principal sont remises en état. La façade sud-est qui présente des faiblesses est étayée. Les machines outils et un lot appréciable de matériel roulant sont à l'abri des intempéries et du vandalisme.
Des visites publiques sont organisées quelques étés, au début des années 2000. Ce n'est plus le cas. La fréquentation avait été très décevante.
Le tout a toujours fière allure, mais qu'en faire ! ? C'est bien la question qui reste en débat...
Beaucoup de gens ont des idées, mais peu ont l'argent ou la volonté de mettre en place une solution pérenne qui n'est de toutes manières pas évidente. Le site est considéré trop proche des réseaux touristiques de Sabres-Marquèze et de Guitres pour que soit envisagée une réutilisation ferroviaire. 
L’entretien courant des abords est assuré, à minima. La longue remise, au nord des ateliers  (3 sur le plan de Ferrovissime N° 94) vient d’être rénovée et sert de salles associatives pour la commune.
Une reprise importante de la façade sud-est du bâtiment principal est programmée par le Département.
Un inventaire raisonné de l’ensemble du matériel préservé va être dressé, en vue de sa conservation.
A noter que le bâtiment voyageurs, situé à 200 mètres au nord, a lui aussi été conservé et transformé en habitation. La halle marchandises a été détruite.
Egalement conservé, au nord-ouest du site, sur l'avenue Jean jaurès, le PN avec sa maisonnette, toujours occupé par Madame Gardère, dernière garde barrières. Là même où son fils - 2 ans à l'époque - avait été sévèrement bousculé par un train entrant en gare (il s'en est bien remis...). 
Et puis encore, les logements de cheminots construits par la SE, que les mauvaises langues du pays appelaient "le quartier du petit Moscou", eu égard aux activités syndicales d'une partie des occupants. L’appellation est restée, à titre folklorique, maintenant. Une seule de ces habitations abrite encore un ancien des CFTA.

Lacanau 
Ici, tout ou presque a été détruit.
Les rails sont arrachés vers 1980.
Les ateliers ont déjà disparus, sur la photo aérienne de 1991. Le BV est rasé entre1996 et juin 2000. 
Seul subsiste l'ex-passage à niveau de l'avenue du Lac. Il a été racheté par Yves Dartiailh (chef d’équipe du service VB) et son épouse, dernière garde barrières du lieu. Le bien est resté dans la famille.
Par ailleurs, le site est occupé par des lotissements.


c/G. Germain

c/G. Germain




23 déc. 2018

QUE DEVIENT LE PERSONNEL DE CFTA GIRONDE A LA FERMETURE DU RESEAU?

c/DR/Coll. G. Germain

Dans Ferrovissime n°97 qui sort de presse, vous allez découvrir l'histoire de la gare et de l'atelier de Lacanau du réseau à voie normale CFTA Gironde.
L'auteur de l'étude, qui avait déjà étudié le dépôt de Saint-Symphorien dans Ferrovissime n°94, a enquêté sur le sort réservé au personnel du réseau lors de sa fermeture en 1978. Voici le résultat de son enquête ;


Le Conseil Général de Gironde, qui avait réussi avec audace la diésélisation/modernisation complète du réseau juste avant et après la guerre, n'est plus capable d'anticipation dans les années 1960-70. Il laisse dépérir les infrastructures, n'investit plus.En 1978, les choses ont été anticipées : les départs en retraite ou autres n'ont pas été remplacés depuis au moins 5 ans.L'effectif global a donc fondu. Mais il reste tout de même 133 salariés pour tout le réseau, en 1977.La convention collective applicable est celle des Voies ferrées d'intérêt local (VFIL) qui vient d'être approuvée / complétée en septembre 1974. La concertation avec les délégués du personnel semble avoir été concrète, mais rude, comme en témoigne le courrier adressé au Président du Conseil Général, le 25 juillet 1977 par André Duprat, Roger Hugueniot et Jean Bonnet, pour le Syndicat CGT- CFTA. Toutefois, il n'y a pas eu de grève ou manifestation du personnel, ni protestation significative des élus municipaux des communes concernées.Au final, on aboutit au reclassement de 14 personnes en interne à Cfta et de 13 à la SNCF, dont le chef de gare d’Hostens et Yvan Lescarrec, par exemple, qui terminera sa carrière à Bègles, à l’entretien des BB 63000, 67000 et tracteurs Y 7000 et 8000.Un nombre conséquent d'agents est repris pas le Département, au sein des équipes gérées par la Direction Départementale de l'Equipement, comme Pierre Lescarrec à Saint-Symphorien ou Jeannot Courbin, à Hostens. Plusieurs aussi sont embauchés par leurs communes de domiciles et quelques uns à la société gérant les bus bordelais. Mais il y a 70 licenciements.Les gérantes de gares et gardes barrières sont plus particulièrement laissées pour compte. Auxiliaires à temps partiel, jugées sans qualification transposable, elles ont toutes été licenciées !
Il en est de même pour les personnes à qui les propositions de reclassement ne conviennent pas. C'est le cas de Henriette Dubos qui n’est plus chef de gare de Lacanau. Depuis 1972, elle travaille à la gestion du personnel, à Bordeaux, rue de la Devise : elle quittera le navire en dernier, début 1979, après avoir elle même rédigé et expédié sa lettre de licenciement. André Henriot, Maire et Conseiller général de Saint-Symphorien se retrouve très isolé pour défendre le réseau et ses anciens collègues cheminots (il est retraité de la CFTA) et en éprouve de l’amertume. Il quitte ses fonctions électives l'année suivante.


15 sept. 2018

Retour sur Saint-Symphorien

En complément de l'article paru dans Ferrovissime n° 94, Gilles Germain a entrepris de nouvelles recherches dont il nous livre les résultats.



Avant d’être un vieillard dont la vie rétrécie puis qu’on achève, le réseau des Chemins de fer économiques de la Gironde, rebaptisé Cfta Gironde à 70 ans passés, fut une véritable fourmilière du Nord au Sud du département. 
Saint-Symphorien fut le point de départ de la structuration de ce système qui a compté plus de 300 km de lignes. Et les bâtiments sauvegardés sur ce site sont essentiels pour apprécier ce que fut l’activité.   
Si l’histoire des Cfta-Gironde est plutôt mal connue c’est qu’à la fermeture, en 1978, deux ou trois personnes se sont emparés des archives contemporaines de la rue de la Devise, à Bordeaux, et les ont occultées.
En conséquence il est quasi impossible de parler, documents d’époque à l’appui, du quotidien du réseau, avant et après la guerre : effectifs, nombre de voyageurs, tonnages transportés, organisation précise de l’entreprise…
Pourtant il s’est agit d’une période assez prospère au cours de laquelle le chemin de fer d’intérêt local a fortement accompagné l’économie forestière florissante.
J’ai eu la chance de rencontrer quelques Paroupians (ça ne s’invente pas, c’est le nom des habitants de Saint-Symphorien) cheminots retraités et voisins de la gare, aujourd’hui âgés, qui m’ont transmis quelques souvenirs et photos.
Ces données abondent les éléments que j’ai pu collecter le long des voies entre 1965 et 1978.
Les documents joints nous éclairent un peu sur la période 1935 – 1965.
Le plan du site appelle les commentaires suivants, du sud au nord, sans revenir beaucoup sur le dépôt, qui a fait l’objet de l’article de juillet 2018 dans Ferrovissime. 



0- Le plan. Je suis reparti de celui qui figure dans l’article de juillet, en adaptant le périmètre et le contenu au propos du moment. Ce n’est pas un levé de géomètre et il reste incomplet puisque je n’ai pas réussi à dessiner les deux plaques du dépôt, quasi siamoises. Ceci étant, il respecte les proportions du site.







1 - Distillerie la Térébenthine Française (images 1à4). Raccordée au réseau par un embranchement particulier de 60 mètres, à l’extrême S-W du site de la  gare, elle donne sur l’avenue des Mûriers. Fondée en 1860 elle a connu plusieurs dirigeants. Sa relative célébrité tient à son propriétaire, René Poudenx qui entreprend, de 1940 à 1960, en lien avec l’Institut du Pin (Université de Bordeaux) des recherches visant à développer de nouvelles formes de production de la térébenthine. Les équipements techniques sont très importants : la fosse à résine est d’une contenance de 100 mètres cubes. La fin des l’activité remonte à 1966. Aujourd’hui subsiste une bonne part des installations, toutes proches des ateliers ex Cfta.







2-  La grande remise en bois (n°3 du plan), de 34 m  de long, était affectée à l’atelier menuiserie du dépôt. Elle a servi pendant des décennies à l’entretien des wagons. Bien que ne comportant pas un intérêt historique manifeste, elle a été sauvée de la destruction après 1978 et, rénovée, elle abrite maintenant des activités associatives locales (images5&6)



3- La Société Labat : Ginette Labat, a succédé en 1970 à ses parents, propriétaires de la scierie embranchée. Plusieurs wagons partaient de l'entreprise chaque semaine, chargés de planches, qui constituaient le produit principal de l’usine. Les activités de la scierie se sont poursuivies jusqu’en 1988, 10 ans après la fermeture du chemin de fer. L’entreprise a longtemps disposé, comme la plupart des scieurs d’une scierie portative, que l’on déplaçait au gré des coupes. (image7)




4- La voie de chargement, commune à diverses entreprises de sciage, non embranchées. Le bois, sous toutes ses formes (billes, planches, poteaux de mines…), arrivait sur des charrettes tirées par des mules pour être embarqué sur les wagons du réseau. Cette voie aurait disparu fin 1956. (image8_scierie portative et 9)



5- La cour de la gare : on désigne ainsi l’espace compris entre la voirie communale et le bâtiment de la gare. En général, en ville, cela prend la forme d’un parking ou d’un terminus de bus. Ici, le trafic voyageurs n’a jamais été l’activité dominante. Les autorails vers Villandraut et au-delà disparaissent en 1950. Ceux vers Sore et Luxey en 1954. La liaison vers Facture sera supprimée dès 1955.                                                                                      Les marchandises ont donc la part belle dans la cour de la gare, qui est plutôt ici une cour de débord.                                                                                  Les quantités de matériaux à manipuler étaient telles qu’elles ont justifié l’implantation de voies Decauville, représentées schématiquement en vert (écartement de 0,60 ou 0,70m ?). Il s'agissait sans doute d'une concession temporaire sur le domaine public ferroviaire.                                                 La société Duluc, avec ses deux usines voisines du chemin de fer était très présente sur ce site. Elle a produit des lames de parquet et de lambris, ainsi que des caisses destinées à l’agro-alimentaire : sociétés Raphaël, Byrrh, Astra, Géo… Ces emballages sont imprimés sur place, en fonction de leurs contenants futurs. Divers clichés et cartes postales (image 10) représentent les immenses piles de bois stockées à l’ouest du bâtiment voyageurs et de la halle marchandises.  Les emprises situées au sud-ouest du bâtiment-voyageurs servaient surtout pour le séchage de produits semi finis.  L'espace au N-E du BV était plutôt consacré au stockage et au "pelage" manuel (au hapchot) des billes livrées en gare, avant usinage dans l'un des 2 établissements Duluc.                                                                                     Dès 1959, l’activité est complètement réorientée et consacrée à la production de chaussures. 7 000 paires sont expédiées quotidiennement en 1965.        
     Plusieurs autres scieurs et marchands de bois devaient également détenir des droits d’usage sur la cour de la gare. 
Globalement, au milieu des années 50 la gare expédiait une centaine de wagons par jour !



     Des prisonniers de guerre allemands, dont les derniers ne seront libérés qu’en 1949, ont été employés à des travaux forestiers (chez Duluc, notamment), mais aussi affectés à l’entretien des voies du Chemin de fer (photo 11). Ils venaient du camp de Saint Léger de Balson, commune voisine.



6- En sortie Nord de la gare se  trouve la bifurcation vers Hostens ou Villandraut. La voie se dirigeant sur Hostens et Facture coupe la route départementale. Elle est donc protégée par un passage à niveau, le PN n° 17, aujourd’hui toujours debout et habité par Madame Gardère, ancienne garde barrière des lieux. (image12). Il borde maintenant la voie verte qui occupe les ex emprises ferroviaires.



7- Plus à l’Est, entre l’avenue Jean Jaurès et la ligne vers Villandraut se trouve un groupe d’anciens logements de cheminots construits par les S.E. L’ancien Maire et Conseiller général, André Henriot, habitait là. D’abord mécanicien de locomotives, il avait gravi les échelons, tout en restant syndicaliste et élu local. A son départ en retraite, il dirigeait le dépôt. Les « Moussus » (on désignait ainsi, localement, les propriétaires forestiers et dirigeants d’entreprises locales) avaient baptisé cet ensemble immobilier « le petit Moscou », en référence à l’engagement syndical d’une partie des occupants. Cela reste aujourd’hui comme un souvenir du passé ferroviaire du bourg. (image 13)



8- Et pour finir, les hommes du rail, en gare !
Une belle photo de groupe, avec les enfants de l’homme au chapeau, accoudé sur la loco. Sans doute prise à l’occasion d’un événement familial, vers 1960.
A gauche, le « patron » du dépôt et la secrétaire (image 14)