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samedi 14 janvier 2012

That 70's show à Paris-Nord


(photo : Vincent Cuny)


Photo prise vendredi soir à Paris-Nord, la 22399 de Villeneuve vient de redescendre du Landy une rame Corail dont la première voiture est une B9 1/2 tu Sièges Inclinables, les dernières Corail encore en livrée d'origine.

22200 grise + Corail "en livrée Corail", en cadrant bien on évite le logo Carmillon de la machine et le marquage "Corail" récent de la voiture (qui va bientôt disparaître puisque la SNCF ne gardera que l'appellation InterCités), et on se croirait revenu 30 ans en arrière !

Une situation appelée à se reproduire : les BB 16000 sont sur le déclin, et des 22200 viennent les remplacer dans les roulements (les 22200 apparaitraient presque comme des jeunettes à côté des BB MTE avec plus d'un demi-siècle au compteur). Quant aux Corail, il y a actuellement plusieurs voitures à sièges inclinables incorporées dans les rames TER Picardie. Les matériels pris en photo en bout de quai ce vendredi soir venaient d'être mis à disposition par Villeneuve, acheminés au Landy dans l'après-midi.

jeudi 5 janvier 2012

Du charbon au pied de la Tour Eiffel

On savait rire au XIX siècle.  La preuve : cette gare des marchandises établie au pied de la Tour Eiffel et dont la photo, en page 22 du numéro de Ferrovissime actuellement en vente , a étonné plus d'un lecteur. Le fait est qu'une cour de débord sur fond de beaux immeubles en pierre de taille, ça semble faire un peu désordre aujourd'hui ! Qui oserait établir une gare charbonnière sur la Rive Gauche bon chic bon genre au coin du Quai Branly et du Pont de Bir-Hakem, dans un secteur à cheval sur les 7e et 15 e arrondissements de Paris où flambe le prix de chaque mètre-carré? En fait, cette gare de Paris-Champ de Mars ouvre en février 1867 pour permettre à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest d'acheminer les visiteurs de l'Exposition universelle que Paris organise cette année-là. A l'époque, Gustave Eiffel ne songe pas encore à bâtir sa tour et c'est en se raccordant à la Petite  Ceinture en gare de Grenelle que les voies peuvent atteindre le Champ de Mars ou se déroule l'expo. A l'issue de l'évènement, la gare est démontée. Erreur funeste : à l'époque, les expositions "universelles" se construisent et se démontent à l'allure d'un horaire cadencé : Paris a la sienne tous les dix ans !
Donc 1878 : rebelote ! Mais ce coup-ci, la ligne des Invalides (alias RER ligne C aujourd'hui) est établie. Du coup, quand l'expo ferme ses portes, les installations ferroviaires (comportant 20 voies parallèles!) mises en place pour l'évènement deviennent... une gare des  marchandises. Paris-Champ de Mars est donc établie au PK 2.1  de la ligne des Invalides. Une gare qui tombe à pic pour desservir, une décennie plus tard, l'expo de 1900. Et cette fois, la Tour Eiffel est de la partie.
A l'issue de l'expo, Paris-Champ de Mars reprend son service normal dédié aux marchandises. Il est souvent dit qu'elle est alors spécialisée à la réception du charbon. C'est effectivement son flux de trafic (très) dominant mais elle reçoit aussi d'autres trafics - des boissons notamment. Passée au compte du Réseau de l'Etat, Paris-Champ de Mars reste au service du fret jusqu'au 31 mars 1935, date qui voit fermer ses cours de débord, le trafic étant reporté dans les gares "Etat" de Paris-Vaugirard (près de Montparnasse) et de Grenelle (ligne des Invalides) qui sont agrandies à cette occasion. La photographie qui parait dans Ferrovissime, prise en 1934, nous montre donc cette gare peu avant sa fermeture. Mais voir un convoi de tombereaux de charbon garé au pied de la Tour Eiffel est une vision cocasse !