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vendredi 9 février 2024

La Deutscher-Eisenbahn-Verein e.V., c'est comme un voyage dans un catalogue Vollmer !



Le BV de Bruchhausen-Vilsen et sa halle accolée. Ambiance. Il y a 50 ans, j'aimais me plonger dans les pages du catalogue de la firme allemande Vollmer dont les maquettes de bâtiments - des constructions en briques de types anciens - dégageaient un charme empreint de nostalgie.Eh bien à Bruchhausen-Vilsen, on se croirait dans un catalogue Vollmer des années 1960 à l'échelle réelle ! Et comme le parcours vers Asendorf (voir le post du 2 février) débute par une zone fortement boisée, tout cet environnement m'a rappelé les dessins de propositions de réseaux que Pit Peg publiait, à l'époque, dans les Miba-Report. 




Ce que j'apprécie dans ce musée vivant de Bruchhausen-Vilsen, c'est ce soucis des membres de l'association de s'approcher au plus près d'une gare en service commercial. Côté quai, rien ne laisse présumer qu'il s'agit d'un chemin de fer touristique. Côté cour, par contre, l'emprise de la gare est employée comme syndicat d'initiative local. Preuve que c'est bien le musée ferroviaire qui constitue le principal attrait de la localité. 




Notez l'aspect de la halle, bien différent d'une halle française (sauf Alsace-Moselle).



En haut de ce mât, le système de pancartes qui indiquait les destinations des trains stationnant à quai. On retrouve ce système sur la voie étroite de l'ïle Rügen. 




En fait, Bruchhausen-Vilsen est une gare de bifurcation entre la voie métrique d'Asendorf et une voie normale secondaire, devenue aujourd'hui également train touristique, établie entre Syke et Eystrup (voir infographie). Dans ces deux villes, la voie normale secondaire est raccordée au voies de la DB. Du coup, la plupart des voies de la gare de Bruchhausen-Vilsen sont à écartements imbriqués voie normale:voie métrique. C'était une option courante en Saxe comme en Basse-Saxe. Les éléments de voie correspondent à ce que propose la firme Tillig actuellement en H0/H0m.





(infographie DEV e.V. Museums-Eisenbahn)





L'architecture industrielle allemande ancienne n'est pas exempte de recherches esthétiques. Voyez par exemple ces lampadaires...




Face au BV, se trouve une zone d'échange couverte également employée comme musée. 





A proximité de la gare, voici le dépôt de locomotives avec son imposante remise.


C'est aujourd'hui le musée et nous aurons l'occasion de la visiter. 


La voie des combustibles pour l'écartement métrique.



La voie métrique bénéficie même d'un pont tournant !


Les arrières de l'atelier font très "grand dépôt".


La station-service "autorails".


A l'opposée, Asendorf offre l'aspect d'un petit terminus secondaire. 


L'abri du terminus d'Asendorf


Asendorf possède une petite remise à autorails. 


Les bâtiments de la gare intermédiaire d'Heiligenberg; située en pleine nature. 


A Heiligenberg, un petit embranchement mène à un ancien atelier du réseau probablement consacré au matériel remorqué 


Devant cet atelier, on rencontre par exemple cette voiture ancienne. 





Gros plan sur les bâtiments de la gare d'Heiligenberg : BV, halle et abri de quai. 


(à suivre)


Texte et photos : Jehan-Hubert LAVIE




 

vendredi 2 février 2024

Bruchhausen-Vilsen, premier musée vivant d'Allemagne










En 1964, quatre amis des chemins de fer de Hambourg fondent l'association Deutscher-Eisenbahn-Verein e.V. dans le but de préserver durablement, sous la forme d'un musée vivant, l'une de ces petites lignes qui sont alors en cours de fermeture. Le 2 juillet 1966, le musée devient réalité et un premier train, composé d'une locomotive à vapeur et d'une seule voiture voyageurs, circule au départ de Bruchhausen-Vilsen.

Soixante ans plus tard, la Deutscher-Eisenbahn-Verein exploite une ligne à voie métrique longue de 8km reliant Bruchhausen-Vilsen à Asendorf avec six stations intermédiaires.









(infographie Deutscher-Eisenbahn-Verein)


De Bruchhausen-Vilsen à Asendorf, la ligne offre un parcours dans les bois, puis un trajet en accotement de route dans la plaine agricole de Basse-Saxe.
Située à 35 km au sud de Brême, c'est une contrée très ouverte au tourisme (hôtels, restaurants, campings), mais qui semble totalement inconnue des visiteurs français autres que ferroviphiles. Il faut dire que le Musée vivant est évidemment l'attraction principale de la région en raison de la richesse (plus de 100 véhicules de divers écartements) et de la variété des matériels présentés; 


Maintenant, suivons un train circulant durant l'été 2023. Selon les jours, les circulations sont assurées par un autorail ou un train vapeur. Or, aujourd'hui, c'est Hermann, une 030 T Hohenzollern construite à Düsserldorf en 1911, qui est de service. 



Sur le quai de la gare de Bruchhausen-Vilsen, il y a foule bien avant l'heure du départ du train pour Asendorf. 


Si bien qu'il est nécessaire d'ajouter une voiture de forcement en tête. 


La 030 T est dételée pour aller chercher la voiture de forcement. 


Retour en refoulant sur la rame avec la voiture supplémentaire.  


Bref retour en arrière deux heures plus tôt : Hermann est alors en préparation. 


La pression monte alors qu''elle stationne sur une voie du dépôt. 


En gare, la rame est en préparation. On arme le fourgon qui achemine la buvette.  


Le Musée vivant est connu en Allemagne pour offrir le spectacle de chemin de fer secondaire le plus authentique. On ne s'étonne donc pas des vrais-faux bagages qui vont être chargés dans le fourgon. 



Il fait très chaud le jour de ce voyage et le train, avec sa rame forcée, est plus lourd que d'habitude. Une draisine est donc dégarée du dépôt et va assurer la pousse dans la rampe jusqu'à Heiligenberg, tandis que l'agent qui l'accompagne peut détecter tout départ de feu dans la zone boisée traversée. 


Heiligenberg. Le train y assure un long arrêt. 


Parcours en accotement de route à l'approche d'Asendorf. Pas de chance pour les automobilistes-photographes ferroviphiles suiveurs, un rail de sécurité protège le train de la circulation automobile sur cette section .



Le train en gare d'Asendorf. Comme on le voit, la rame offre une bonne longueur !


Dételée, la 030 T avance au tiroir pour contourner la rame afin d'être remise en tête pour le trajet de retour. 


La machine revient sur train.


Cette fois, le train est prêt pour le trajet du retour. 

(à suivre)


Texte et photos : Jehan-Hubert LAVIE


Merci à Fredéric et à Thierry de m'avoir aiguillé vers ce magnifique musée digne du plus grand intérêt.

 

samedi 4 novembre 2023

Le Rügensche Kleinbahn, paradis de la vapeur


 

Le paradis de la vapeur existe ! Dans ce paradis, circulent, chaque jour de la belle saison, plus de trains à vapeur que ce que la France met en circulation en une année ! Mais il est vrai que le chemin de fer de ce paradis n'est pas exploité par des passionnés bénévoles mais par une entreprise, la Eisenbahn-Bau-und Betriebsgesellschaft Pressnitzalbahn mbH sous le nom de Rügensche BäderBahn.



Pour rejoindre ce paradis, il faut prendre la direction du nord et monter très haut, sur la côte allemande de la mer Baltique, à deux pas de la frontière polonaise. Vous pensez que là-haut il fait très froid ? Eh bien pas du tout, en été tout au moins, avec 2000 heures d'ensoleillement annuel - le réchauffement climatique est là ! - soit un tiers de plus que la moyenne allemande. Ce paradis, c'est l'île Rügen, la plus grande île allemande (926 km2) située au large de la côte du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale . Avec ses 570 km de côtes, elle compte près de 65000 habitants, le tiers de la population résidant dans la ville de Bergen. 

Rügen est principalement accessible depuis le continent par un pont à la fois autoroutier et ferroviaire. Car on peut aller à Rügen à grande vitesse dans un ICE!

Mais si les trains de la DB sont présents dans l'île, intéressons-nous ici à la voie étroite à l'écartement de 750 mm qui avait été construite par le Rügensche Kleinbahn (RüKB).




La première ligne est ouverte en 1895 entre Putbus et Binz. Comprenant rapidement plusieurs lignes, le réseau va connaitre un fort développement. Mais dès 1936, un premier tronçon est fermé. En 1949, située en zone d'occupation soviétique,  l'île Rügen se trouve donc dans la République Démocratique d'Allemagne (DDR) et la voie étroite est intégré à la DR (Deutsche Reichsbahn). Une fois n'est pas coutume, le régime communiste poursuit le démantèlement du réseau à voie de 750 mm, tout en construisant de grands immeubles le long des plages, créant des stations balnéaires appréciées dans le Bloc de l'Est. 




Après une ultime fermeture de ligne en 1970, la voie étroite se limite dorénavant à la section Putbus / Göhren  - classée monument historique - pour le seul trafic voyageurs, le transport des marchandises ayant été supprimé dès 1967. Les trucks et autres bogies porteurs permettant à la voie de 750 mm d'acheminer des wagons à voie normale n'ont pas été employés à Rügen contrairement à de nombreuses voies étroites de la DDR. 






Dans ce post, nous nous intéressons à la section  Putbus / Binz, soit la moitié du réseau actuel. En photo ci-dessus, la gare de Putbus, dont l'architecture rappelle certaines maquettes Vollmer ! 






Putbus est une gare de rêve pour les modélistes car voie normale et voie de 750 mm s'y côtoient et même s'interpénètrent comme le font les voies modèles Tillig au 1/87 ! 
















Appartenant à un opérateur régional, l'autorail à voie normale relie le môle de Lauterbach à la ville de Bergen via Putbus. 




Depuis 1999, un troisième rail est installé entre la voie normale Putbus / Lauterbach qui permet le passage des trains à voie étroite jusqu'au débarcadère du port de Lauterbach. La photo montre la remontée depuis le môle jusqu'à Putbus d'un train du RüKB. La locomotive à vapeur reste attelée en queue de la rame et c'est une machine diesel qui prend en charge vigoureusement le train en faisant ronfler son moteur. 



















Cette locomotive, immatriculée 251 901-5, les modélistes la connaissant bien puisqu'elle fut, en H0m, le premier succès de la firme Bemo ! Le modèle au 1/87 portait la livrée rouge rubis de la DB qu'elle avait lorsqu'elle servait dans le Bade-Wurtemberg. Elle est donc aujourd'hui repeinte en bleu.










Jetons un coup d'œil au matériel roulant. Sous le régime communiste, la DR à procédé à de très nombreuses mutations entre réseaux. Actuellement, 8 locomotives sont en roulement. 
Ci-dessus la 140 T 99 4801-9, une Henschel de 1931 pesant 32,5 t. Elle quitte ici Binz pour Putbus. 















Le réseau comporte une seconde machine identique, la 140 T 99 4802.








Mais les grandes vedettes du RüKB sont les trois 151 T (oui, des 151 t à voie de 750 mm !) BR 99.77-79 que nous vous présenterons plus en détail une prochaine fois, quand nous étudierons la ligne de Gohren. 





Et puis il y a les 040T. Cette petite 99 4011-5, venue du chemin de fer minier de Mansfeld, prend en charge de longues rames voyageurs









Deux 040 T.  BR 99 4631 et 4632 figurent aussi à l'inventaire.

Voyons maintenant les voitures voyageurs.










Actuellement, le parc comporte 19 voitures reconstruites (dont des "barques" découvertes) et des fourgons modernes qui assurent l'essentiel du trafic. Des voitures plus anciennes sont disponibles pour les forcements et trains spéciaux. 




Il faut bientôt quitter la gare de Pittbus. Mais nous reviendrons deux autres fois sur ce réseau, d'une part pour parler de la branche de Göhren et d'autre part, pour visiter le dépôt de locomotives à vapeur de Pitbus, qui fonctionne comme autrefois avec chantier à combustible à la grue, et les véhicules anciens qui y sont garés . Mais là, c'est le départ... Auf Wiedersehen.











Texte et photos (prises en 2023) : Jehan-Hubert LAVIE