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jeudi 9 décembre 2021

Une longue voie métrique qui longe l'Atlantique (partie 1)


 Le 6 novembre 2021, en vous présentant la ligne de Collanzo, je vous ai parlé de cet immense réseau à voie métrique espagnol assez peu connu en France : les FEVE (Ferrocarriles Españoles de Via Estrecha) rattachés depuis 2013 à l’opérateur RENFE et au gestionnaire d’infrastructures ADIF. 

Il est clair que la ligne Baiña/ Collanzo, c’est l’arbre qui cache le forêt : elle n’est absolument pas représentative des lignes principales des FEVE qui font largement appel à la traction électrique. En fait, j’avais choisi cette première prise de contact à l’attention des modélistes, car la ligne de Collanzo est une exemple parfait à reproduire à l’échelle réduite. Mais aujourd’hui, entrons dans le vif du sujet. Et pour cela, transportons-nous à l’extrême ouest de l’Espagne, en Galice et plus précisément, à Ferrol, un port important sur l’Atlantique. 










En Galice, les FEVE exploitent 154 km de voie métrique. Ferrol est le point de départ d’une ligne qui suit plus ou moins à distance selon un axe Ouest/ Est la côte Atlantique de Ferrol à Gijón. Construite par tronçons, elle n’a été terminée qu’en septembre 1972. Vaste gare terminus en impasse, Ferrol partage son emprise presqu’à égalité entre un faisceau de voies métriques, à gauche et un faisceau à voie large à droite qui va rester vide durant toute la durée de mon reportage.  Par contre, la voie métrique est plus active, partagée entre trains de banlieue et relations intervilles.




 Pas de caténaire : le trafic est assuré notamment par autorails modernes des séries 2900 (monocaisse déjà vue à Collanzo) et 2700 (caisse double).











Le faisceau métrique de Ferrol dispose de voies et d’une halle pour le fret situés à l’opposée du débord à voie large. Mais contrairement au chantier "voie large",qui charge des wagons de bois, aucune activité visible pour le fret "métrique" à Ferrol. Pourtant, les effectifs des FEVE comptent de nombreux wagons modernes à bogies : trémies, couverts (sorte de G8 à échelle réduite !) et des wagons porte-conteneurs avec un parc de conteneurs assortis. Quand la presse ferroviaire française étudie des réseaux métriques disparus, il est coutume d’y regretter l’absence de l’usage de conteneurs qui auraient sauvé, lit-on, le réseau… Eh bien les FEVE disposent de ces porte-conteneurs modernes rêvés, mais le trafic fret ne parait pas s’y porter au mieux…





 Ferrol compte également un dépôt pour les engins moteurs à voie métrique. 






De Galice, je  me suis rendu dans les Asturies, paradis de la voie métrique avec un réseau de 475 km. Ici, une automotrice double de l'omniprésente série 3300.










Premier contact à Trubia où je peux voir de près cette voie métrique électrifiée par caténaire 1500 V et ses dessertes assurées par automotrices. Le trafic voyageurs parait important, surtout pour un réseau à voie métrique. Mais mon ami Thierry Leleu, grand spécialiste des trains du nord de l’Espagne, m'a dit que la gare de Trubia avait eu la particularité d’avoir autrefois des voies larges ibériques déposées et remplacées par de la voie métrique ! C’est dire l’importance de cet écartement dans les Asturies. 






Draisine moderne (mais taggée) munie d'un bras hydraulique, signalisation lumineuse, nous sommes loin, ici, des voies métriques françaises d'autrefois et Trubia ressemble plus à une sorte de petites station de RER.






L'ancien BV, qui avait du charme, n'est plus ouvert sur la rue, remplacé par un bâtiment (moderne?) dont l'avantage est d'être parfaitement accessible aux personnes à mobilité réduite.



Après Trubia, cap sur le bord de mer avec la ligne électrifiée qui suit la côte. Desserte cadencée à la demi-heure (même les week-ends et même très tard le soir !) pour des trains qui sont très fréquentés.  

Ici, la gare de Candás qui nous permet de remarquer que les stations des FEVE sont équipées de quais hauts, déjà vus à Collanzo. 






Face à la gare, un grand (enfin, pour de la voie métrique !) dépôt pour les automotrices. 



Autre preuve de l'équipement moderne du réseau, cette dégarnisseuse pour la maintenance de la voie, qui est digne d'un grand réseau. 




Le BV présente une architecture originale. Dans l'alignement du palmier très "méditerranéen", observez les pentes accentuées du toit du BV qui n'ont rien, justement, de méditerranéen. Ici, dans les Asturies, nous sommes au bord de l'Atlantique avec un climat très doux mais les quatre saisons peuvent émailler une même journée, alternant chaud soleil et quelques gouttes (ceci dit je n'ai pas eu de pluie en octobre durant 12 jours !)






Comme toutes les gares des FEVE, Candás bénéficie d’un équipement moderne : distributeurs et appareils de contrôle des billets automatiques, écrans indicateurs horaires, etc. 











Candás est une ville importante (et particulièrement agréable) du bord de mer. Elle possède un second point d'arrêt : la station de Candás-Apeadero.




En quittant Candás, la voie métrique suit la mer au plus près, enjambant par des viaducs des petites rias (celle-ci est à marée basse) .



Perlora est la gare suivante. Elle présente ce curieux BV en brique. 




Un point important que je ne vous avais pas signalé : cette ligne à voie métrique est... à voie unique, malgré la desserte à la demi-heure dans les deux sens ! Les croisements se font dans des gares comme ici, à Perlora, les appareils de voie étant télécommandés puisqu'il n'y a plus de personnel dans ce type de gare.  




Une dernière photo à Perlora prise avec un objectif grand angulaire pour vous montrer, à gauche de la cabine de la 3300, les flots bien bleus de l'Atlantique sous un ciel bleu ! 






Deux coups d'œil sur la ligne entre Candás et Xivares.






Et si vous trouvez qu'il y a décidément trop d'automotrices 3300 sur la ligne, eh bien voici une bien plus moderne 3600 à la silhouette très "design". 

Texte et photos : Jehan-Hubert Lavie





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